Guyane La 1ère
Brève rétrospective météorologique de l'année 2025
05/01/2026Après un début de décennie marqué par des années contrastées (inondations du Maroni en 2021 et 2022, puis saisons sèches exceptionnelles en 2023 et 2024), l’année 2025 se révèle moins excessive d’un point de vue météorologique, à l'exception d'une période pluvieuse marquée après le petit été de mars. Toutefois, nous ne devons pas faire abstraction du contexte actuel de réchauffement climatique, les températures restent bien élevées et l’année 2025 prend quand même la 6ᵉ place des années les plus chaudes que la Guyane ait connues depuis 1967.
Une pluviométrie assez proche des normales
Après des années assez extrêmes (2021 et 2022 étant les années les plus arrosées de Guyane), suivies de 18 mois bien déficitaires en pluie sur 2023/2024 ; l'année 2025 nous rapproche de la normalité avec un cumul moyen* de 3114.4 mm à l'échelle du département, qui correspond à un excédent de pluie de 12%. L'année 2025 se classe en 10ᵉ position des années les plus pluvieuses depuis 1967. La pluviométrie en Guyane reste fortement corrélée aux différentes phases du cycle ENSO (alternance entre phases neutres, El Niño et La Niña) ; la phase neutre, dominant cette année nous a tenu à l’écart des pluviométries très excédentaires de 2021/2022 (Phase La Niña) et particulièrement sèches de 2023/2024 (Phase El Niño).
Bien entendu, comme c'est toujours le cas en Guyane, on note une forte variabilité spatiale dans les précipitations : Alors qu'Awala n'enregistre "que" 2037.2 mm (+5% au-dessus de la normale), Régina connaît une pluviométrie plus de deux fois supérieure avec 4944.5 mm (+31 % au-dessus de la normale). En dehors de ces deux valeurs extrêmes, les cumuls sont le plus souvent compris entre 2400 et 3 600 mm, pour des écarts aux normales de 10 à 20% (Kourou-CSG, St-Georges, St-Laurent, Iracoubo, St-Elie).
Localement et ponctuellement, certaines stations ont connu des mois bien excédentaires : St-Laurent notamment, connaît le mois de juin le plus pluvieux (560.8 mm, soit +70% par rapport à la normale) depuis le début des mesures en 1950.
Une période à la pluviométrie particulièrement abondante s’est démarquée au cours de cette année 2025.
En lien avec une ZCIT bien active et calée au niveau de la Guyane, de fortes pluies sont observées sur la plupart des communes entre le 27 mars et le 6 avril, notamment sur le littoral et les communes du Nord-est : En 11 jours, les cumuls atteignent le plus souvent 300 à 450 mm, jusqu'à 500/600 mm à Matoury, Cacao et Roura (615.9 mm). Ces pluies abondantes ont entraîné des inondations ponctuelles dans l'île de Cayenne et l'agglomération de Saint-Laurent, des difficultés temporaires de circulation dans certains secteurs (RN1 à Trou Poisson, le secteur de Stoupan et autour du bourg de Mana), ainsi qu'un début de crues sur le fleuve Maroni (niveau de vigilance jaune Vigicrues atteint sur certains tronçons à partir du 4 avril). Cette période de pluies abondantes faisait suite à un petit été de mars bien présent sur le littoral du 15 au 25 mars.
L’image ci-dessous montre une route départementale sous les eaux le 4 avril 2025 dans le secteur de Mana.
2025 dans le top 10 des années les plus chaudes connues en Guyane
Les températures sont supérieures à la normale depuis le début de l'année (et même sans interruption depuis mai 2023 en fait !) : Avec une température moyenne de 27.6°C (+0.4°C au-dessus de la normale), l'année 2025 se classe en 6ème position des années les plus chaudes depuis 1967.
À noter que 7 des 10 années les plus chaudes enregistrées depuis le début des mesures en Guyane, se sont produites au cours des dix dernières années. Le réchauffement climatique est une réalité, la Guyane n’y échappe pas.
Températures extrêmes de l'année : 17.9°C en minimum le 3 août à Saül et 38.4°C en maximum le 3 octobre à Apatou. Saül est la commune de Guyane où l’on observe généralement les nuits les plus fraîches, mais les 17,9°C observés cette année sont bien éloignés du record de 15,5°C datant du 15 octobre 1975. Il est très peu probable dans le contexte de réchauffement actuel qu’un tel niveau de fraîcheur soit de nouveau atteint.
Ci-dessous une vue de Saül et son fromager emblématique. La relative altitude du bourg (210 m) ainsi que l’environnement forestier et préservé (peu de béton pour capter la chaleur en journée et la restituer la nuit) participent à la fraicheur nocturne caractéristique de ce lieu.
Un épisode de longue houle de Nord couplé à des grandes marées début octobre
L’ouragan Imelda qui s’est renforcé au large des Bermudes au tout début octobre, a perdu ses caractéristiques cycloniques à partir du 4 octobre en évoluant dans les eaux froides au large de Terre Neuve. En revanche, les vents toujours soutenus ont fini par soulever une longue houle de nord, qui s’est propagée jusqu’au littoral guyanais dans la nuit du 5 au 6 octobre (cf. image ci-dessous), en phase avec le début d’une période de grandes marées. Des submersions se sont produites dans le secteur des Salines et à Awala-Yalimapo, comme on peut le voir sur l'image en tête de cet article.