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Le changement climatique observé en Guyane de 1967 à 2024
29/01/2026
Au niveau mondial, 2025 s'impose comme la troisième année la plus chaude jamais enregistrée selon Copernicus avec +1,47°C de température moyenne mondiale par rapport aux niveaux pré-industriels 1850-1900. Elle se classe juste derrière 2023 et 2024 (respectivement +1,48°C et +1,60°C par rapport aux niveaux pré-industriels). Elle permet à la moyenne de ces trois dernières années de dépasser le seuil des +1,5°C, seuil symbolique de l'Accord de Paris. Cette constatation donne au changement climatique une place de plus en plus importante dans notre quotidien.
Ce constat mondial est tout aussi visible à notre échelle régionale en Guyane, avec des impacts déjà quantifiables sur les températures et les précipitations.
Des températures en augmentation
En Guyane, l’évolution de la température de surface est mesurée à partir des données issues de 5 stations de référence possédant des mesures homogénéisées depuis plus de 50 ans, situées dans diverses zones du territoire (Kourou-CSG est la plus proche du littoral, suivie de près par la station de l’aéroport Cayenne-Matoury, deux stations aux frontières est et ouest avec Saint-Georges et Saint-Laurent-du-Maroni, et Maripasoula dans l’intérieur des terres). L’analyse de ces tendances révèle une hausse significative de +0,34°C par décennie (soit +2,0°C sur la période 1967-2024), avec un réchauffement relativement homogène sur la période (Figure 1).
Les dix dernières années (2015-2024) présentent une anomalie moyenne de +0,4°C par rapport à la référence 1991-2020. Les trois années les plus chaudes se sont produites en 2024 (+1,1°C), 2023 (+0,7°C) et 2010 (+0,5°C).
Il est important de noter que les observations intègrent l’effet de la variabilité interne et naturelle du climat et n’isolent pas la part du réchauffement dû aux activités humaines.
Figure 1 : Ecart à la normale 1991-2020 de la température moyenne annuelle enregistrée en Guyane depuis 1967 (en °C).
Les warming stripes (« bandes de réchauffement ») offrent une synthèse visuelle de ce réchauffement (Figure 2). Avec une période de référence 1991-2020, la plupart des années chaudes (bandes rouges) se sont produites après 2003.
Figure 2 : Warming stripes de la Guyane pour les 5 stations de référence
D’autres indicateurs permettent de mettre en évidence les effets du réchauffement climatique en Guyane, comme le nombre de jours chauds, jours où la température maximale excède 35°C en moyenne sur les 5 stations de référence (Figure 3). Ce nombre augmente notablement depuis 2000, passant de 2 jours en moyenne sur la période 1967-1999 à 15 en moyenne au-delà de 2000.
Figure 3 : Nombre moyen annuel de jours chauds (température maximale supérieure ou égale à 35°C) pour les 5 stations de référence de Guyane depuis 1967.
Pas de tendance significative d'évolution des pluies
Les précipitations sont largement influencées par la position de la Zone de Convergence Intertropicale. En saison des pluies, le littoral est largement arrosé, au contraire de la saison sèche où les averses y sont plus rares. Dans les terres, la répartition des pluies est plus homogène au cours de l’année, avec des saisons moins marquées que sur la côte.
Les cumuls annuels moyens des précipitations sur les 5 zones climatiques de Guyane présentent une certaine homogénéité, encadrée par la zone la plus sèche à la pointe Nord-Ouest du territoire, nettement moins humide que le Nord-Est, zone présentant notamment un certain relief (Tableau 1).
| ZONE | NORMALE (mm) |
| Littoral | 2783 |
| Pointe Nord-Ouest | 1940 |
| Nord-Est continental | 3593 |
| Axe Petit-Saut / Saint-Laurent | 2512 |
| Intérieur | 2540 |
Tableau 1 : Valeurs moyennes sur la période 1991-2020 des pluies annuelles relevées sur 5 zones climatiques de la Guyane.
L’évolution du cumul annuel de précipitations sur 10 stations météorologiques possédant des données homogénéisées depuis au moins 50 ans montre une forte variabilité inter-annuelle et décennale de la pluviométrie, sans tendance claire à ce jour (Figure 4).
Figure 4 : Rapport à la référence moyenne 1991-2020 (en %) du cumul annuel de précipitations en Guyane depuis 1967.
La carte ci-dessous montre la tendance (en pourcentage par décennie) sur le cumul annuel des précipitations depuis 1967 (Figure 5). Si la plupart des stations indiquent une tendance à la baisse, seule la région du Nord-Est continental subit une évolution statistiquement significative de −2 % par décennie. Sur les autres régions, on observe des tendances non significatives au regard de la variabilité propre des précipitations.
Figure 5 : Tendance du cumul annuel de pluie par décennie en Guyane depuis 1967
A l’échelle saisonnière, seule la saison sèche (juillet à novembre) enregistre des baisses de pluie significatives, et ce uniquement dans le Nord-Est continental et sur l’Axe Petit-Saut/Saint-Laurent. Néanmoins durant cette saison, la quasi-totalité des stations enregistre des tendances à la baisse, même si ces dernières ne sont pas statistiquement significatives au regard de la variabilité propre des précipitations.
Figure 6 : Tendance par décennie du cumul de pluie en saison sèche (juillet à novembre) en Guyane depuis 1967.
Précipitations extrêmes
Les journées très pluvieuses sont fréquentes en Guyane durant les saisons des pluies et même les intersaisons. Leur fréquence au fil des ans est cependant très variable. Le calcul de tendances climatiques sur les pluies extrêmes est complexe du fait des échantillons trop limités marqués par une forte variabilité interannuelle et interdécennale. Aucune tendance significative n’est mise en évidence concernant l’occurrence des épisodes de fortes pluies en Guyane (Figure 7).
Figure 7 : Nombre de jours où les pluies quotidiennes dépassent les seuils 50 mm (vert foncé) ou 100 mm (vert clair) en Guyane depuis le début des observations. La tendance linéaire sur le seuil 50 mm figure en pointillés.
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