Guyane la 1ère
La Guyane est entrée dans le coeur de la saison sèche
25/09/2026Depuis le 15 septembre, la Guyane est entrée dans la deuxième moitié de la saison sèche, généralement celle qui se révèle la plus chaude, la moins arrosée et où les impacts les plus importants se font sentir. Cet article dresse donc un bref bilan de la première phase de la saison sèche et les perspectives à venir pour la suite de cette saison qui semble bien partie pour prendre un caractère exceptionnel tant au niveau de la pluviométrie que des températures.
Un début de saison qui prend déjà un caractère exceptionnel
Le calendrier théorique des saisons fait commencer la saison sèche au 1er juillet pour s'achever à la fin novembre; nous vous proposons donc un bilan à mi-parcours.
Le graphe ci-dessous permet de voir comment le déficit pluviométrique se creuse depuis le début de la saison sèche.
Il présente en vert la somme cumulée au fil des mois pour la saison sèche 2026 de la pluviométrie moyenne à l'échelle du territoire (basée sur 25 postes climatologiques répartis sur l'ensemble de la Guyane) comparée à la pluviométrie normale pour la même période en rouge.
Ainsi, à la date du 20 septembre 2026, la moyenne du total de cumuls de pluies (basé sur 25 stations représentatives) sur la période du 1ᵉʳ juillet au 20 septembre atteint 157.6mm comparée à une normale (pluviométrie moyenne sur la période 1991/2020) de 363.7mm. On a donc, à l'échelle du territoire, à la date du 26 septembre 2026 un manque de 206mm correspondant à 57% de déficit. C'est particulièrement conséquent. 
Toujours sur cette période du 1ᵉʳ juillet au 20 septembre, quelques secteurs se démarquent par une pluviométrie particulièrement faible. C'est le cas pour le secteur de Saint-Laurent à Charvein avec moins de 60 mm. On peut aussi citer une petite zone littorale s'étirant de l'agglomération de Cayenne à Macouria avec moins de 100 mm. D'autres secteurs ont été plus arrosés ; notamment l'aéroport de Matoury, la montagne de Kaw et Apatou avec plus de 250 mm. La bordure littorale entre Kourou et Iracoubo présente des cumuls compris dans une fourchette de 150 à 200 mm.
Cette grande disparité à l'échelle du territoire s'explique par le caractère souvent localisé des averses en cette période de l'année.
Si on s'intéresse à la chronologie, L'essentiel des cumuls observés sur cette période du 1ᵉʳ juillet au 20 septembre s'est fait au mois de juillet. À l'inverse, il n'a quasiment pas plus depuis le début du mois de septembre. Dans les secteurs les plus secs, on a recueilli moins de 1 mm (Awala-Yalimapo et Grand-Santi).
En parallèle à la baisse sévère de la pluviométrie, on observe une hausse régulière des températures maximales observées généralement entre 14 h et 16h.
Les 36 degrés ont rapidement été franchis dès le mois d'août à Mana, Maripasoula, Cacao, Sinnamary, Taluen et Camopi.
Le seuil de 37 degrés a été atteint dès le début du mois de septembre à Camopi, Taluen et Apatou, en milieu de mois à Maripasoula et plus vers la fin de mois à Cacao.
Le littoral, ventilé et tempéré par la proximité de l'océan ne connait pas ces niveaux de chaleur avec des températures maximales qui restent dans une fourchette de 31 à 33 degrés, mais dès que l'on pénètre d'à peine quelques kilomètres dans les terres, la chaleur devient plus sensible avec par exemple, 35 degrés dépassés à l'aéroport de Matoury, Mana et Iracoubo.
La chaleur dans les communes de l'intérieur est devenue encore plus sensible à partir du 24 septembre. Le seuil de 38 degrés finissant par être franchi à Camopi, Maripasoula, Apatou et Grand-Santi.
À Camopi, on a même frôlé le record absolu de température avec un maximum de 38.9 °C atteint le 27 septembre : le record étant de 39°C observé le 17 octobre 2023).
Ces températures très élevées observées en cette fin de mois sont d'un niveau comparable à celles observées à la fin septembre 2023 (mois exceptionnellement chaud).
Chaleur marquée et sècheresse sévère toujours d'actualité en octobre
Les caractéristiques particulières de début de saison sèche sont à mettre en relation avec le phénomène El Niño en cours, événement considéré comme exceptionnel par l’OMM. Prévu pour s'intensifier encore jusqu'à la fin de l'année, il égale déjà quasiment à la fin septembre, la valeur d'indice maximal de 2.76°C atteinte fin novembre lors du très fort épisode Niño de 2015 (2.72°C mesurés fin septembre 2026).
(L'indice RONI3.4 permet de caractériser l'intensité des phases Niño et Niña).
Le déficit pluviométrique devrait ainsi s'aggraver au cours des mois d'octobre et novembre.
La carte ci-dessous présente les écarts à la normale de la pluviométrie prévue pour les semaines à venir. Les tons orangés sont associés à une pluviométrie prévue inférieure à la normale, tandis qu'à l'inverse les couleurs vertes correspondent à une pluviométrie prévue excédentaire.
Les précipitations prévues pour ce mois d'octobre s'annoncent donc clairement inférieures aux normales sur la Guyane.
Notons que, statistiquement, la pluviométrie moyenne d'octobre est déjà particulièrement faible (à peine supérieure à celle de septembre).
À propos du mois de novembre, le graphique ci-dessous montre en rouge la pluviométrie moyenne décade par décade.
Statistiquement, il est observé sur la Guyane, une hausse progressive de la pluviométrie au cours du mois de novembre. Elle correspond généralement à quelques incursions de la marge sud de la Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) qui commence à redescendre vers notre territoire. Il est trop tôt pour savoir si ce sera le cas cette année, mais les modèles de prévision saisonnière, toujours en lien avec le phénomène Niño devant atteindre une ampleur exceptionnelle en novembre prévoient un déficit pluviométrique persistant en novembre. 
Au niveau des températures, la situation actuelle présente de fortes similitudes avec celle de 2023.
En 2023 ; la chaleur s'était encore accentuée en octobre pour atteindre des valeurs records (notamment en deuxième décade). C'est d'ailleurs souvent au cours de ce mois que l'on observe les températures maximales les plus élevées en Guyane. Si on ajoute le contexte de réchauffement climatique qui année après année favorise des températures de plus en plus élevées, il est possible que les niveaux records de températures observés en 2023 et 2024 soient égalés, peut-être même dépassés dans certains secteurs.