Cycle des saisons Pluviométrie moyenne mensuelle en Guyane montrant  une période un peu moins arrosée de février à mars

Météo-France

Le petit été de mars en Guyane

20/04/2021

Le petit été de mars est la saison qui présente le plus de variabilité en Guyane. La Guyane n'a pas eu de chance cette année 2021 avec un mois de mars bien arrosé. En revanche en 2020, le petit été de mars s'est étiré sur près de 3 mois de janvier à mars. Le petit été de mars survient quand la ZCIT prend sa position la plus au sud. Il s'observe généralement entre le 10 février et le 20 mars . Il ne s'agit pas d'une période continue de temps sec mais d'une répétition de périodes asséchées de quelques jours, parfois jusqu'à près de 10 jours, entrecoupées par des périodes plus pluvieuses.

Des petits étés de mars qui ne se ressemblent pas d'une année sur l'autre

Le petit été de mars en Guyane est la saison qui présente le plus de variabilité d’une année sur l’autre.

Certaines années, il s’étire de janvier à mars avec une pluviométrie particulièrement basse, d’autres années, il ne se ressent pratiquement pas avec tout au plus quelques périodes de quelques jours avec très peu de précipitations .

L’année 2020 présente un petit été de mars exceptionnel, les précipitations ont été très faibles pendant 3 mois de janvier à mars avec des alizés soutenus et la présence régulière de brumes de poussières d’origine saharienne. Cette particularité d’un petit été de mars qui s’étire sur 3 mois est à mettre en corrélation avec une fin d’épisode el Niño.

A l’inverse, en 2021, l’oscillation australe est en phase la Niña (généralement associée à une pluviométrie plus importante que la normale). Le mois de mars a été bien plus arrosé que la normale et on ne pouvait pas parler de petit été de mars, mais de jours de mars.

En effet, il n’y a eu au cours de ce mois de mars 2021 que 3 petites périodes sèches d’une durée de 2 à 4 jours. La dernière d’entre elles en toute fin de mois a favorisé un temps très ensoleillé et sec du 29 au 31. Dès le premier avril, des pluies abondantes associées au retour de la zone intertropicale de convergence sont revenues par l'Est de la Guyane et les épisodes pluvieux se sont succédés en avril.

 

Le petit été de mars présente donc beaucoup de variabilité, son intensité et sa durée sont nettement corrélées avec les différentes phases de l’oscillation australe( El Niño et la Niña).

Le petit été de mars correspond à la position la plus basse de la ZCIT en latitude

Cette période du mois de mars correspond à la position la plus basse en latitude de la Zone de Convergence intertropicale. Entre début  janvier et  la mi-mars la Zone de Convergence Intertropicale descend progressivement vers le sud .

La ZCIT a sa position moyenne au niveau de l’équateur pendant le mois de mars. Le mois de mars correspond en effet au mois le plus arrosé de l’année à Belem au Brésil (ville très proche de l’équateur).

Une descente progressive en latitude de la ZCIT entre février et mars

Au cours des mois de février et mars, la ZCIT descend progressivement en latitude. A la mi-mars, sa position moyenne est au niveau de l'équateur. Au fil des mois de février et mars l'influence de la ZCIT se fait de moins en moins sentir et un temps relativement sec et bien ventilé finit par dominer entre la mi-février et la fin mars. Il arrive parfois que la période plus sèche du petit été de mars soit entrecoupée d'épisodes pluvieux liés à des remontées temporaires de la ZCIT au niveau de la Guyane sous formes d'ondulations.

La descente progressive de la ZCIT vers l'équateur au cours des mois de février et mars

Particularités du mois de mars à l'echelle régionale

Au mois de mars, la ZCIT se positionne sur l'équateur avec pour conséquences un temps pluvieux sur le nord Brésil.

Le bassin de l'amazone est bien arrosé en mars, notamment vers l'embouchure entre Macapa au nord et Belem au sud. 

A l'echelle régionale, on peut constater que les pluies sont plus abondantes en mars au niveau de l'équateur et plus précisémment vers l'embouchure de l'Amazone.

Pluies abondantes à Belem en mars

A Belem ( proche de l'équateur), le mois de mars est le plus arrosé de l'année . Bien logiquement ces précipitations abondantes en mars s'expliquent par la présence de la ZCIT .

A seulement  800km au sud de Cayenne, la ville de Belem connait un cycle des saisons bien différent de celui de la Guyane avec seulement  2  saisons: une longue période pluvieuse de  décembre  à mai et une saison plus sèche de juin  à  novembre

La pluviométrie moyenne mensuelle à Belem montre un cycle des saisons bien différent de celui de la Guyanee

Petit été de mars ou petit été de février

Pour essayer de situer plus précisément la période ou se produit en moyenne le petit été de mars, il faut s'intéresser  aux pluies décadaires (par périodes de 10 jours). On peut constater que pour la grande majorité des postes climatologiques de Guyane, on remarque une période moins pluvieuse entre février et mars; elle s'intercale entre la petite saison des pluies (de décembre à janvier ) et la grande saison des pluies( avril, mai et juin) . Au niveau décadaire, c'est en deuxième décade de mars ( du 10 au 20) que ce petit minimum pluviométrique est le plus marqué, mais globalement la période un peu plus sèche s'étire de la deuxième décade de février  à  la deuxième décade de mars soit une période allant du 10 février au 20 mars avec au sein de cette période une petite période plus sèche allant du 10 au 20 mars. Cette période généralement assez sèche du 10 février au 20 mars est le plus souvent constituée d'une succession de périodes asséchées pouvant atteindre jusqu'à une dizaine de jours et entrecoupées par de temporaires remontées de la ZCIT sous forme d'ondulation porteuses de pluies au niveau de la Guyane.  A partir du 20 mars, les précipitations augmentent rapidement, la grande saison des pluies approche  à  grands pas.

Nous nous situons ici dans les périodes moyennes ou on peut observer le petit été de mars mais les années se suivent et ne se ressemblent pas; des paramètres comme le niveau d'activité de la ZCIT, les températures de surface de l'océan atlantique  ou le cycle ENSO ( période el Niño/la Niña ou phase neutre) auront une influence sur la période, la durée et l'intensité du petit été de mars et expliquent sa forte variabilité d'une année sur l'autre.

pluviométrie décadaire moyenne à Saint-Laurent du Maroni

Pluviométrie décadaire moyenne à Maripa-Soula

Pluviométrie décadaire moyenne à Matoury

Pluviométrie décadaire moyenne à Saint-Georges de l'Oyapock

A quel type de temps correspond le petit été de mars?

En février et mars, l'anticyclone des Açores évolue assez bas en latitude, cela implique un gradient de pressions plus important entre les tropiques et  l'équateur et donc des alizés assez soutenus. Les communes proches du littoral entre les plages et les savanes sont donc bien ventilées par un vent d'Est à Nord-Est qui atteint fréquemment les  30 km/h .

Ces alizés soutenus dans la zone du large rendent parfois les conditions maritimes un peu difficiles. La mer est souvent agitée pendant cette période qui est aussi celle des grandes marées d'équinoxe.

Ces alizés orientés Est à Nord-Est véhiculent assez souvent de la brume de poussières d'origine saharienne. C'est en effet en mars que l'occurrence de brumes de poussières d'origine saharienne est la plus importante.

Au niveau des précipitations, le petit été de mars se ressent surtout sur la bordure littorale et le  proche intérieur. Les communes du sud Guyanais de Saül vers le haut Maroni  et la vallée de l'Oyapock voient encore passer quelques bonnes averses au cours des mois de février et mars , cela  s'explique notamment par une plus grande proximité  avec la zone intertropicale de convergence située sur le nord Brésil.

Les remontées temporaires de la ZCIT sous forme d'ondulations actives se produisent parfois lors du petit été de mars et peuvent donner des épisodes pluvieux conséquents sur la bordure littorale. Ces intermèdes pluvieux  délimitent les répétitions de périodes asséchées de quelques jours ( pouvant s'étier jusqu'à 10 jours) qui constituent le petit été de mars.

Brume de poussières d'origine sahrienne sur Cayenne ( crédit photographie Guyane la 1ère)